| Le lieu d’atterrissage du C-47 |
samedi 1 novembre 2014
Crash d'un C-47 à Mellier-Marbehan le 23 déc.1944
lundi 6 octobre 2014
Les premiers drones américains en 1944
Le 12 août 1944,
le Lt Joseph Kennedy, frère aîné de John qui fut président des Etats-Unis, décolle à 17 h 52 à bord
d'un BQ-8 (B-24 Liberator modifié) avec son
co-pilote, le Lt Wilford Willy.
Joseph s’était porté volontaire pour cette mission expérimentale et
très dangereuse. Le but était d'envoyer un bombardier télécommandé, un drone, s'écraser
avec une importante charge explosive contre une installation fortifiée allemande
située à Mimoyecques (Calais) destinée à abriter un canon spécial : le V3
dont nous parlons par ailleurs dans cet article.
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Le Lt Wilford WILLY
|
Voici quelques explications sur les
premiers drones américains et le canon allemand V3
L’origine des drones de bombardement américains
Les nazis pensaient
que les sites de lancement des fusées V2 et des canons V3 situés dans le Pas de
Calais pouvaient être à l’abri des bombardiers alliés en plaçant ces armes
spéciales dans des abris fortifiés en béton et en acier renforcé.
Les avions de reconnaissance alliés avaient repéré ces
constructions massives et le Quartier Général des forces aériennes avait
ordonné de vastes campagnes de
bombardent de ces sites. Ces raids perturbaient beaucoup les constructions, mais
les Etats Majors pensaient qu’ils ne pouvaient pas garantir la destruction
efficace de ces souterrains fortifiés. De plus, ces sites étaient protégés par
une défense antiaérienne très efficace. Au moment de la mort du Lt Kennedy, beaucoup
d’avions alliés avaient été perdus lors de l’attaque des différents sites de
lancement des armes V.
Au printemps 1944, le lieutenant-général James Doolittle, commandant de
la 8e Air Force,
avait ordonné une étude conjointe de l’Air Force et de la Navy au sujet
de l’utilisation de vieux bombardiers sans pilotes. Ces bombardiers
transporteraient une grande quantité d’explosifs capables de détruire ces
fortifications résistant aux bombes conventionnelles.
La collaboration de la Navy était essentielle à ce programme, car elle
avait beaucoup plus d'expérience concernant les drones. En effet, au début de guerre, la Navy avait commencé la formation des artilleurs antiaériens avec des
avions cibles sans pilotes.
L’Air Force livra quelques vieux B-17 et la Navy prépara de vieux PBY4-1,
la version Navy du B-24D. Une fois modifiés avec un équipement de drone, ces
BQ-7 (B-17 drone) et BQ-8 (B-24 drone) devaient être pilotés à distance par un
« avion mère », appelé CQ-17, et être dirigés sur une cible.
L’opérateur situé dans le CQ-17 serait assisté par des caméras de télévision
installées dans l’habitacle du drone fournissant une vue des instruments de
bord et du sol. De plus, un générateur de fumée serait
placé sous le fuselage afin de permettre à l’opérateur de le suivre des yeux.
Néanmoins, un équipage humain devait piloter manuellement l'avion jusqu’à
une altitude minimale de 2000 pieds et un cap déterminé afin que, suite à une
panne éventuelle du contrôle à distance, le drone ne puisse pas aller dévaster
des installations militaires ou civiles en Angleterre.
Le général Doolittle approuva ce plan le 26 juin
1944, et assigna la 3e Division de bombardement à la
préparation et aux tests des premiers drones BQ-7. La phase finale de préparation
fut attribuée au 562e Squadron de
bombardement sur la base de la RAF à Honington dans le comté du Suffolk
(Angleterre).
Le plan Doolittle reçut deux appellations :
« Aphrodite » pour l’Air Force et « Anvil » pour la Navy.
Ces opérations représentaient le mariage de l’expérience de la Navy et des
progrès de RCA en télévision.
En vue de leur mission finale, les drones furent dépouillés de tout
leur armement et aussi de toute autre masse non essentielle (blindage, supports
de bombe, émetteur-récepteur, sièges, etc.), ce qui réduisit la masse du
bombardier d'environ 12 000 livres (6 500 kg ).
Les avions dépouillés furent ensuite équipés d'un système de
téléguidage.
Ils furent chargés avec 8200 kg d’explosifs. (11000kg dans le cas du BQ-8 du
Lt Kennedy) Ainsi en théorie, l'explosion résultante serait colossale et ce,
dans un rayon d'au moins 6 miles (10 km ).
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| La verrière de certains BQ-7 fut enlevée afin de faciliter l’éjection des pilotes |
Le premier et tragique raid « Anvil» fut celui du Lt Kennedy
avec le site de Mimoyecques comme objectif.
Un deuxième raid, effectué le 3 septembre 1944, provoqua quelques
dégâts aux installations ennemies de l’île de Heligoland, mais rata son
objectif principal à cause de la mauvaise réception de télévision.
Les raids « Anvil » furent alors abandonnés.
L'échec des programmes «Aphrodite» et «Anvil» a été
attribué à un manque de technologies disponibles et au fait que le
réarrangement des masses des drones entraînait des comportements de vol
différents de ceux des avions originaux.
Notons que les bombardements
traditionnels avaient empêché l’achèvement du site
V3 de Mimoyecques, surtout grâce à la bombe anglaise
«Tallboy». L’une de ces bombes pénétra jusqu’à une profondeur de 28 mètres et causa des dégâts considérables. Les observateurs
de bombardement, ne voyant que peu ou pas d’effet en surface,
déclarèrent « effet nul » dans leur rapport. C’est ainsi que
la mission du Lt Kennedy, en réalité devenue inutile, fut quand même mise sur
pied.
Elle fit
la preuve de son efficacité contre les structures lourdes comme les blockhaus,
là où toutes les bombes plus petites avaient échoué. Sa première utilisation au
combat a lieu le 9 juin 1944 lors
d'un raid contre un tunnel ferroviaire à Saumur en
France qui fut bloqué pendant une très longue période.
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Une bombe Tallboy
|
Les allemands utilisèrent aussi une version de drone appelée « Mistel »
Dans ce cas deux avions étaient solidarisés par des entretoises. A
proximité de l’objectif, le « chasseur » larguait le bombardier et le
guidait vers la cible. Dans ce cas, le
guidage n’était pas assisté par la télévision.
Tout comme les drones américains, les « Mistels » ne
connurent que des succès marginaux.
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| Des militaires américains examinent un « Mistel » constitué d’un chasseur FW-190 et d’un bombardier Ju-88 |
Le canon V3
Comme le V1 et
le V2,
le canon V3 constituait une arme de
représailles de la part du Troisième Reich à
l'encontre de l'Angleterre. Le nom de code était « Hochdruckpumpe »
(Pompe à haute pression).
En fait, il s'agissait d'un canon à chambres multiples. Le projectile
était du type obus flèche. Le long du canon, étaient disposées trente-deux
chambres auxiliaires qui donnaient un surcroît de poussée au projectile.
Au passage des chambres auxiliaires, les charges
supplémentaires additionnelles étaient mises à feu, soit par auto-inflammation
due à la température des gaz, soit par allumage électrique, pour produire une
poussée supplémentaire amplifiant la vitesse de l'obus et ainsi de suite au
passage de chaque paire de chambres pendant la progression de l'obus dans l'âme
du canon, accroissant à chaque fois un peu plus sa vitesse, et ainsi de suite
sur les trente-deux chambres de combustion.
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Schéma montrant 8
chambres auxiliaires.
(Dans les versions expérimentales,
les chambres étaient perpendiculaires au canon)
|
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| Vue d’une version expérimentale |
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Un exemple d’obus V3
|
Cinq batteries de cinq canons faisant chacun près de 130
mètres de long devaient être construites sous terre. Dans un premier
temps les Allemands creusèrent des galeries puis les tunnels de tir sur
plusieurs étages. L'étage le plus haut était à 30
mètres sous la surface de la terre, le second à près de 100
mètres sous la surface. Une protection de 5
mètres d'épaisseur en béton armé devait
protéger les bouches des canons.
- Wikipedia
- Smithsonian National Air and Space Museum
- http://histaero.blogspot.be/2013/08/projet-aphrodite.html
samedi 14 juin 2014
Crash d'un P-47 à Habay-la-Neuve le 2 janvier 1945
P-47D 11-RA
- “ Itsie Bitsie“ N° 42-75435 406e FG - 512e FS MACR 11512
Source:
MACR 11512
Le 02 janvier 1945, le
2Lt Leo J DIDAS décollait avec son Squadron de la base française de Mourmelon
pour une mission de support au sol. Il s’écrasa dans la région de Habay-la-Neuve.
Voici le récit du 2Lt John N Balog, témoin du crash:
Le Lt Leo J DIDAS
était Basher Blue 2 lors du largage de bombes au napalm sur un objectif situé
approximativement à 10 miles au nord est de Bastogne, en Belgique. Je
suivais le Lt Didas lors de ce bombardement, mais je ne vis pas qu’il avait été
touché par la flak.
Il ne rejoignit pas
Blue Leader, et je vis alors qu’il avait des ennuis. Je ne pus pas le contacter
par radio. Je prévins Blue Leader que j’accompagnais le Lt Didas pour le vol
retour. Il était environ 12h50, notre altitude était approximativement de 3000 pieds .
L’aile droite du P-47
du Lt Didas était trouée en son milieu, et l’aileron gauche était endommagé. Il
semblait avoir des difficultés à garder son avion sous contrôle et il perdait
graduellement de l’altitude.
Il volait suivant un
cap de 235° à 240° depuis environ 5 minutes lorsque je le perdis de vue
momentanément. Je manoeuvrai pour mieux le voir et je vis son avion se
retourner, piquer du nez, et s’écraser en explosant.
Je tournai autour du
lieu du crash et je prévins Blue Leader qui me demanda de contacter Ripsaw (le
contrôle au sol) pour avoir les coordonnées de l’endroit, mais je ne pus
entendre la réponse de Ripsaw. J’appelai une seconde fois pour être sûr que
Ripsaw avait reçu mon message, je demandai alors un cap pour retourner à la
base.
Le cap à suivre depuis
le lieu du crash était de 243°. Le temps de vol nécessaire pour regagner la
base était de 20 minutes à une vitesse de 210 miles/h.
Le 2Lt Didas repose au cimetière américain de
Luxembourg
Parcelle A – Rangée 7- Tombe 10.
Où le Lt Didas s’est-il écrasé ?
La première page du
MACR situe le point de chute : « Approximativement
à 5 miles au
nord nord-est de Neufchateau, aux coordonnées P-5028 »
P-5028 indiquant la
position de Habay-la-Neuve, il est donc évident qu’il y a une erreur.
On peut dès lors se
baser sur le témoignage du Lt Balog : « Le
cap à suivre depuis le lieu du crash était de 243°. Le temps de vol nécessaire
pour regagner la base était de 20 minutes à une vitesse de 210 miles/h. »
Cela signifie que la
base était située à 70 miles du lieu du crash.
En reportant ces
indications sur une carte, on remarque que la distance entre Habay et Mourmelon
est de 70 miles , et que le cap de 243° correspond à celui à suivre
pour aller de Habay à Mourmelon.
Crash d'un P-47 à Bastogne le 27 déc. 1944
P-47D
2-RA - N° 42-22459
406e FG - 512e FS
MACR
11481
Source:
MACR 11481
Le 27 décembre 1944,
le 2Lt Quentin G EYMER s’écrasait près de Bastogne avec son P-47.
Avec son Squadron, il
participait à une mission de support au sol.
Voici le récit du Capitaine Marall, témoin du crash:
Le 27 décembre 1944,
durant une mission de support au sol, le Flight larguait des bombes au napalm
sur une colonne blindée située aux coordonnées P-4761, à 6 miles au nord-ouest de Bastogne, en Belgique.
Le pilote volant en
position n°3 informa le n°2, le Lt Eymer, que son avion émettait beaucoup de
fumée. Par radio, je dis au n°2 d’aller jusque Bastogne et de sauter en
parachute si le P-47 était trop endommagé. Il n’y eut pas de réponse du n°2.
Je vis le n°2
au-dessus de Bastogne, l’avion se retourna, partit en vrille, s’écrasa et
s’enflamma. Je ne vis pas le pilote quitter l’avion.
Le 2Lt Quentin Eymer était né le 09 août 1922.
Il repose au Cimetière de Reliance, dans le
Dakota du Sud, aux Etats-Unis |
Photo satellite situant
l’objectif et le lieu du crash, suivant les coordonnées du MACR
|
mardi 4 mars 2014
Crash entre deux P-38 à Lierneux le 16 sept.1944
Les deux P-38 du 367eFighter
Group
Le 16 septembre 1944, le 394e Fighter Squadron du 367e
Fighter Group décollait de la base française de Clastres. Leur destination
était Bonn, en Allemagne, afin d’y effectuer une mission de support.
Lors de cette
mission, deux P-38 furent perdus au-dessus de la région de Lierneux :
P-38J-10 - N°:
42-68110 - 367e FG - 394e FS - MACR:
9110
Pilote: 2Lt Charles F. PAGE
P-38J-15
-N°: 42-104409 - 367e
FG - 394e FS - MACR: 9111
Pilote: 2Lt James F. PARKER
Le même témoignage figure sur les deux MACR: celui du
Capitaine W.G. McCARTHY
Je commandais le
Squadron durant une mission dont l’objectif se situait en Allemagne de l’ouest.
Nous rencontrâmes de mauvaises conditions météorologiques nécessitant le
pilotage aux instruments. Je modifiai la formation des Flights : le Lt Page volait en
position Red 2, et le Lt Parker volait en position Blue 2. Les Flights Red et
Blue étaient distants d’au moins un demi mile, et semblait donc qu’il n’y avait
aucune possibilité de collision entre les Lts Page et Parker.
Aucun mot
ne fut prononcé à la radio par ces deux pilotes. Tous deux volaient à une bonne
position quand nous sommes entrés dans les nuages, mais quand le Squadron en
sortit, Le Lt Page et le Lt Parker étaient manquants.
Mon
opinion est que tous deux tentèrent de voler aux instruments plutôt que de
rester en contact avec les avions de tête, et ils furent ainsi mis en
difficulté.
Les deux
pilotes n’avaient pas beaucoup d’expérience du pilotage aux instruments.
Bien que le Capitaine McCarthy pensait
qu’une collision n’était pas possible, il semble bien que les deux P-38 se
soient percutés. Il semble en effet bien peu probable que deux avions
s’écrasent au même moment pour des raisons mécaniques, surtout qu’aucune
activité ennemie n’était signalée à ce moment.
Le 2Lt Charles Page s’est écrasé sur la colline de Groumont.
Un monument a été
érigé à proximité du lieu du crash.
Les deux aviateurs sont
inhumés au Cimetière Américain de Henri-Chapelle
Le monument à la mémoire du 2Lt
Page
|
Le point
de chute du 2Lt James Parker est
resté inconnu du grand public durant longtemps, mais nous avons récemment eu
connaissance d’un document précieux: La photo d’un document américain contenant
la « copie conforme » en français du rapport de la Gendarmerie de
Vaux-Chavanne relatant l’incident .
Voici les principaux extraits de ce
rapport qui nous a été transmis par Mr Herman R. :
« Le
samedi 16 septembre 1944, un avion allié est tombé en flammes au lieu dit
« Bahou », commune de Grandménil, Belgique. La Gendarmerie belge
s’est rendue sur les lieux. Avec l’aide de quelques volontaires, elle a ramassé
les restes du corps de l’aviateur. Une plaque d’identité, une montre, un
couteau et un mouchoir de poche ont été découverts parmi les débris. Un service
funèbre a eu lieu en l’église de Grandménil le 18 septembre.
Le corps
a été inhumé au cimetière de la même commune. »
Une
feuille précisant le nom de l’aviateur était attachée au document :
il s’agit
bien du 2Lt James F. Parker
Le 25
septembre 2016, un monument à la mémoire du Lt Parker fut érigé près de Manhay.
Organisation:
Mr Eddy Monfort, Comité Culturel de Manhay et ASBL Ardennes White Star US Army
| (photo: Paul Remy) |
La position exacte
du point de chute du Lt Parker est indiquée sur cette carte.
(Source: Eddy Monfort) |
Lt Charles Page
|
![]() |
Lt James Parker
|
(Photos : Benedikte Gijsbregs)
Lt Page
Parcelle E – Rangée 14 – Tombe 19
|
Lt Parker
Parcelle G
– Rangée 15 – Tombe 24
|
dimanche 23 février 2014
Crash d'un B24 sans pilote le 25 déc. 1944
L’incroyable vol
du « Bold Venture III »
B-24J 42-50675 – “Bold Venture III” - 467e
BG - 788e BS MACR 11256
Sources:
- MACR 11256
- Website du 467e
Bomb Group: http://www.467bg.com/4250675.htm
- Article paru dans le journal
« Eastern Daily Press » (EDP) dans son « Supplément du Dimanche » du 21 déc 08, pages 4-5.
Le 25 décembre 1944, le B-24 42-50675 décolla pour une mission de
bombardement en Allemagne. Il appartenait aux mêmes groupe et squadron
que le B-24 42-95220 tombé à Rettigny lors de la même mission.
La mission se passa bien jusqu’aux environs de l’objectif, où l’avion
fut touché à l’arrière par la flak. Le pilote signala une avarie du gouvernail
de direction, cependant le bombardement put s’effectuer correctement. C’est au retour
qu’ils furent attaqués par des chasseurs ennemis et
le moteur N°2 fut mis hors d’usage. Le pilote, blessé donna
l’ordre d’évacuation.
Malheureusement, seuls les hommes se trouvant dans le poste de pilotage
entendirent le signal d’alarme.
C’est ainsi que seulement 4 hommes évacuèrent l’avion à environ 16 km au nord de St Vith :
- 1Lt Paul EHRLICH - Pilote
- 2Lt Fred J. KILLMEYER - Co-Pilote
- T/Sgt Roy L. YARNELL -
Mécanicien
- T/Sgt Frank C. SANDERS - Opérateur
Radio
Dans la partie avant du B-24, le 2Lt John Beyer, bombardier, le 2Lt Kenneth Ryan, navigateur, et le 1Lt
Challenger Whitham, navigateur de pilotage, n’étaient pas plus au courant de la
situation que les 3 autres hommes restant à l’arrière de l’appareil.
Ne sachant pas contacter le pilote, le 1Lt Whitham se rendit dans le
poste de pilotage et ne vit plus personne. Avant de sauter, le pilote avait
branché le pilote automatique, mais l’avion virait lentement en se redirigeant
vers l’Allemagne. Le 1Lt Whitham s’assit à la place du pilote, prit les
commandes, et fit prendre le cap 270° au B-24. Le Lt Beyer vint s’assoir à la
place du co-pilote. L’appareil perdait lentement de l’altitude, environ 500 pieds par minute, et les corrections nécessaires
furent apportées.
Quand ils rencontrèrent quelques tirs de flak, les
« pilotes » entreprirent des manœuvres évasives, mais tout se passa
bien. Ils décidèrent de continuer le vol jusqu’au-dessus du territoire
français, puis de sauter en parachute. Les autres hommes d’équipage furent
avertis de cette situation.
Après un vol d’environ 35 minutes, le navigateur déclara qu’ils étaient
suffisamment à l’intérieur du territoire ami et l’évacuation fut ordonnée. Afin
de pouvoir sauter en toute sécurité, ils évacuèrent le B-24 par la soute à
bombes.
Ils sautèrent dans l’ordre suivant :
2Lt Kenneth
M. RYAN - Navigateur
S/Sgt Roland F. PERSON - Mitrailleur latéral
S/Sgt Leo F. FEENEY - Mitrailleur arrière
1Lt Challenger WHITHAM –
Navigateur de pilotage
S/Sgt John V. SALEN -
Mitrailleur latéral
2Lt John BEYER - Bombardier
Ils atterrirent à plusieurs kilomètres au sud de Valenciennes, près de
Le Quesnoy.
John Salen et Challenger Whitham étaient blessés et durent recevoir des
soins. Les autres purent rejoindre leur unité.
Quant à ceux qui avaient sauté près de St Vith, ils furent faits
prisonniers.
Depuis St Vith jusqu’à Valenciennes, le B-24 avait été escorté par des
P-51. Les hommes du B-24 avaient essayé de les contacter, mais sans succès. Les
pilotes de chasse furent donc bien étonnés de voir 6 parachutistes évacuer un
B-24 qui était pourtant en vol stable.
Mais l’histoire ne se termina
pas là…
Le B-24, toujours en pilotage automatique, avait continué son vol vers
l’Angleterre.
A court de carburant, il perdit de l’altitude, accrocha des arbres et
s’écrasa dans la campagne en tuant 3
vaches au passage.
Le point de chute se situe près du village de Vowchurch, dans le Herefordshire,
à une distance d’environ… 500 km de Valenciennes…
mercredi 5 février 2014
Crash d'un C-47 à Sibret le 24 déc. 1944
C-47A N°: 42-100906 - 440e TCG - 95e
TCS MACR : 11317
Le 27 décembre 1944, le C-47 du Lt Morton décolla de
Chateaudun (France) avec les autres avions du 95e TCS. Leur mission était
de remorquer des planeurs jusqu’à la plaine d’atterrissage de Savy afin de
ravitailler les troupes américaines encerclées à Bastogne. Comme plusieurs
autres avions de ce squadron, le C-47 du Lt Morton fut atteint par la flak dans
les environs de Sibret.
Témoignage du Lt
James Parker :
Je volais du côté droit de l’avion du Capitaine Morton.
Juste avant d’arriver au-dessus de la zone de largage des planeurs, je
remarquai que l’avion du Cap Morton avait été touché par la flak et qu’il
commençait à monter. La dernière fois que je vis l’avion, il passait au-dessus
du mien en remorquant toujours son planeur.
Je dépassai la zone de flak après avoir viré à droite et je
vis, sur ma droite, un avion amorçant une descente en virant légèrement à
droite. Je remarquai aussi deux parachutes venant de cet appareil et je suis
pratiquement sur qu’ils atterrirent en sécurité. Je ne sais pas si l’avion
s’écrasa ou pas, je ne suis pas sûr que c’était celui du Cap Morton.
EQUIPAGE
Pilote: Capt
David B. MORTON: tué au combat
Photo : findagrave.com
|
Co-pilote: Fl/O
Virgil W ANDERSON: tué au combat
Navigateur :
2Lt Wilmar S. WEBER: prisonnier
Chef
d’équipe : S/Sgt Worth B. WHITE Jr: tué au combat
Radio: S/Sgt
Robert FINE: prisonnier
Le témoignage du Lt
Parker n’est pas précis, mais les troupes au sol ont bien repéré le point de chute
après avoir libéré la région.
Les débris de l’avion ont été localisés aux coordonnées P-460615
(approximativement 50.02.01 N – 05.35.09 E) à 200 yards (182.88m) au
sud de la Route Nationale 4 et approximativement à 3 miles (4.82 km ) au nord ouest
de Mande St Etienne.
L’épave, presque entièrement désintégrée, était à peu près
en face d’une maison située au nord-est de la N4.
Le numéro 2100906, figurant sur la dérive, était lisible
malgré l’effacement partiel du dernier chiffre.
(Pour rappel, le
premier chiffre indique l’année, le N° de série réel dans ce cas est donc
42-100906.)
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