mardi 28 avril 2015

Le disparu de Bovigny


P-47D-27-RE  -  N° 42-26857   362e FG - 378e FS

MACR 12269
Le 8 février 1945, le 378e Fighter Squadron du 362e Fighter Group décollait de sa base d’Etain, en France, pour effectuer un bombardement en piqué sur un pont situé à l’ouest de Cologne. Au retour de cette mission, le P-47 du Lt Vernon POST fut porté manquant.

Voici le témoignage du Lt Milton Mannick :
Je volais en postion Red Four dans le squadron « Firebrick » de la 8e Air Force en février 1945. C’était une mission de bombardement en piqué afin de détruire un pont situé à l’ouest de Cologne, en Allemagne. Le Lt Post volait en position Red Two de « Firebrick ».
Au retour, nous étions à 15 minutes de notre base, volant en formation à travers les nuages.
Je vis le Lt Post tomber sur une courte distance, puis il bascula soudain et piqua dans les nuages. Notre altitude était approximativement de 2000 pieds.
Je ne le vis pas percuter le sol je ne l’entendis pas à la radio. Cet incident eu lieu vers 10h15.

Le MACR indique qu’il a été vu pour la dernière fois au-dessus de Bovigny.

Dans sa très connue « Military Aircraft Serial Numbers», Joe Baugher signale que le P-47 42-26857 s’est écrasé à Bovigny et que le pilote a été tué:

 26857 (378th FS, 362nd FG, 9th AF) crashed from unknown cause at Bovigny, Belgium Feb 8, 1945MACR 12269.  Pilot killed.
  
Nous n’avons pas été les seuls à rechercher le point de chute de cet avion dans la région de Bovigny, mais nous ne l’avons pas trouvé.

Où avait donc disparu ce P-47 ?
Pour en avoir le cœur net, nous avons écrit au « « US ARMY HUMAN RESSOURCE COMMAND » afin d’obtenir son IDPF (Fichier Individuel de Personne Décédée).

C’est ainsi que nous avons appris que le Lt Post avait réussi à continuer son vol jusqu’à l’ouest de Longwy où il s’est malheureusement écrasé. Les raisons du crash nous sont restées inconnues.
Photo : Findagrave.com
Le Lt Vernon POST repose maintenant au Cimetière Américain de HAMM, au Grand Duché de Luxembourg.
Parcelle H – Rangée 15 – Tombe 19
Voici la page de l’IDPF indiquant où le Lt Post a été retrouvé puis ensuite inhumé

Cette photo montre bien que le Lt Post se dirigeait vers sa base d’Etain quand il s’est écrasé
Voici plus précisément le lieu où le Lt Post a été retrouvé
                                


dimanche 15 mars 2015

Crash d'un P38 à Somme Leuze le 24 déc. 1944

2Lt Jeryl CROWELL (Photo : Findagrave.com)
F-5E-2-LO  - N°:  43-29026  „Glory of Helene“
7e Photo Reconnaissance Group
27e Photo Squadron
MACR: 11080

Sources:
- MACR 11080
- Findagrave.com

Le 24 décembre 1944, le 2Lt CROWELL  décolla de la base A-83, Denain/Prouvy dans le nord de la France, pour une mission de reconnaissance dans la zone de combats des Ardennes. Il ne revint jamais de cette mission.

Témoignage du 1Lt Willie WHITE :
Lors d’un vol en opération, le Lt Crowell et moi prenions de l’altitude lorsqu’il me notifia la présence d’un avion inconnu à 08 heures. Je regardai, mais je fus incapable de distinguer quoi que ce soit probablement à cause du fait que le Lt Crowell était 3 à 4 miles derrière moi. 5 minutes plus tard, il m’appela, mais je ne pus comprendre le message et je lui demandai de répéter. Je ne reçus pas de réponse. Je regardai après lui, mais avant que je ne puisse le localiser, il appela à nouveau en disant « qu’ils » l’avaient eu. Je virai immédiatement et je pus voir un gros nuage de fumée noire, plusieurs plus petits et, 5 ou 6 miles plus loin, un groupe de 4 avions. Avant que je ne puisse localiser un avion en perdition ou un parachute, je vis un FW-190 derrière moi. Je me débarrassai du FW-190, j’appelai deux fois de plus, mais sans réponse.

Sur le forum www.usmilitariaforum.com/forums/, nous pouvons lire les précisions suivantes :
Le 22 janvier 1945, le 27e Photo Recon. Squadron reçut un colis de l’Etat Major du VIIIe Corps du Général Lawton Collins. Il contenait la plaque d’identification du Lt Crowell ainsi que celle de son F-5.
Quand des soldats du Général Collins descendirent vers le sud en direction de la vallée de l’Ourthe, ils découvrirent l’épave de l’avion recouverte de neige juste à l’est du village de Somme Leuze.

Le F-5E-2-LO piloté par le Lt Crowell est en fait un P-38J-15-LO converti en appareil de reconnaissance. Cet avion était équipé de caméras en lieu et place des mitrailleuses situées dans le nez.

Remplacement des caméras dans le nez d’un F-5E (Photo Fold3.com)

jeudi 4 décembre 2014

70e anniversaire de la chute du HUDSON T-9463 à BRISY

Cliquer ci-dessous pour accéder à d'autres liens concernant le Hudson de Brisy

Le 27 novembre 1944, le HUDSON T-9463 codé MA-L s’écrasait dans une prairie à Brisy.
Les informations concernant ce Hudson figurent par ailleurs dans ce blog.

Le 27 novembre 2014, une cérémonie fut organisée à Brisy à l’occasion du 70e anniversaire de la chute de cet avion.
Une vue générale de la cérémonie au monument de Brisy
La première partie de la cérémonie se déroula au monument de Brisy.
Des membres des familles du Sq/L Reginald Wilkinson et du F/Lt Frederic Champion étaient venus spécialement d’Angleterre pour cette occasion.
Nous fûmes spécialement honorés par la présence de Mr Frank Wilkinson, le frère cadet du pilote, qui avait tenu à faire le déplacement malgré sa santé fragile.

La cérémonie fut rehaussée par la présence de Monsieur le Représentant de l’Ambassade d’Angleterre et Madame la Représentante de la Royal British Legion.
Monsieur le Bourgmestre de Gouvy et les membres du Collège Communal figuraient aussi parmi les personnalités.
Les Associations Patriotiques, les enfants des écoles et de nombreux particuliers complétaient l’assemblée.

Des discours furent prononcés par les représentants des familles, par Monsieur le Bourgmestre et par le comité d’Ardennes Avions 45.

Après le dépôt de fleurs au pied du monument, les assistants furent conviés à se rendre à l’église de Brisy où la dernière mission du Hudson fut expliquée par des membres des familles anglaises.
 


Une vue générale durant l’exposé dans l’église
La pièce offerte à Monsieur Frank Wilkinson
Après l’exposé à l’église, le verre de l’amitié fut servi dans les locaux de l’école.
C’est là qu’eut lieu un des moments les plus émouvants de cette journée : une pièce du train d’atterrissage du Hudson fut offerte à Mr Frank Wilkinson par le comité d’Ardennes Avions 45: 
« C’est la dernière pièce qui me relie à mon frère » commenta Monsieur Wilkinson avec beaucoup d’émotion.
Le monument après la cérémonie
La cérémonie est terminée à Brisy, mais pas dans nos mémoires ni dans nos cœurs.


La meilleure façon de remercier ces héros est de ne jamais oublier qu’ils ont donné leur vie pour notre liberté.


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Le 27 novembre 2024

80e anniversaire de la chute du HUDSON T-9463 à BRISY

 

Le 27 novembre 1944, le HUDSON T-9463 codé MA-L s’écrasait dans une prairie à Brisy.

Les 4 membres de l’équipage perdirent malheureusement la vie dans cet accident.

L’histoire complète de ce Hudson figure par ailleurs dans ce blog :

https://ardennesavions45.blogspot.com/search/label/Hudson%20de%20WILKINSON%20%C3%A0%20Brisy

80 ans plus tard, Dave Wilkinson, le petit-fils du pilote, accompagné de son épouse Jane et de sa sœur Kim, venaient à Brisy pour marquer l’évènement.

De gauche à droite: Jane Wilkinson, Dave Wilkinson, Paul Remy, Kim Wilkinson et Gregory Dubru

La cérémonie a lieu en présence des anciens combattants.



Paul Remy prononce son allocution.



Après la cérémonie, Paul Remy en conversation avec la famille Wilkinson.




Pour le 80ème anniversaire


mercredi 5 novembre 2014

Le Martin B-26 Marauder

Le B-26 41-31877 fut l’un des premiers B-26 à effectuer plus de 50 missions
Historique
Le B-26 est conçu en vue de répondre à une spécification émise en 1939 par l'US Army Air Corps. Le cahier des charges Circular Proposal 39-640 demande un bombardier moyen propulsé par 2 moteurs.
Six mois plus tard, le Martin Model 179 apparaît et au fur et à mesure des travaux, les militaires s'aperçoivent qu'il est le modèle ayant la plus grande avance technologique. Si bien qu'en septembre 1939, la pression de la guerre en Europe devenant de plus en plus importante, la firme Américaine Martin bénéficie d'un contrat portant sur 201 appareils avant même la construction du premier exemplaire. Cette démarche, sans précédent dans l'histoire de l'USAAC, dispense le constructeur de la mise au point de prototypes et d'appareils de présérie, de telle sorte que le premier B-26 de série effectue le vol initial le 25 novembre 1940.
Il entre en service pour la première fois le 8 décembre 1941 soit un jour après l'attaque japonaise sur la base américaine de Pearl Harbor. Dans le Pacifique, il s'illustre pendant la bataille de Midway. Le Marauder est définitivement retiré du service en 1948 et la dénomination de B-26 passe au Douglas Invader.

Caractéristiques
Les essais officiels montrent que le B-26 affiche des performances supérieures aux exigences du programme, mais au détriment des qualités de pilotage à basse vitesse. Le B-26A bénéficie alors de certaines améliorations jugées nécessaires, toutefois l'augmentation de la masse en charge qui en résulte entraîne des accidents de plus en plus nombreux (ces incidents lui valent le surnom de la part des pilotes de « Widow Maker » (faiseur de veuves). Une commission d'enquête est nommée en vue de déterminer s'il convient ou non d'interrompre la production.
Suite à cela, les spécialistes se prononcent pour des modifications destinées à accroître la tenue de vol à basse vitesse et pour une révision des techniques de pilotage, ce qui est obtenu à partir de la version « F » par augmentation de l'angle de calage de l'aile (angle d'incidence de l'aile plus élevé par rapport à la ligne de vol de l'appareil).
Baptisé par la suite Marauder, cet avion se présente comme un monoplan à aile haute cantilever au fuselage spacieux, de section circulaire, dans lequel prend place un équipage de cinq hommes (puis sept).
Équipé d'un train d'atterrissage tricycle, l'appareil est propulsé par deux moteurs en étoile Pratt & Whitney R-2800-5 de 1850 ch (1380 kW) chacun.

Poursuivant sa carrière, le Marauder doit enregistrer le taux de pertes le plus bas de tous les avions américains employés en Europe par la 9th USAAF.







Modèle :
Martin B-26B Marauder
Envergure :
19.81 m
Longueur :
17.75 m
Hauteur :
6.05 m
Motorisation :
2 moteurs Pratt & Whitney R-2800-41 en étoile
Puissance totale :
2 x 2000 ch.
Armement :
6 mitrailleuses Browning 12,7 mm
1360 kg de bombes en soute
Poids en charge :
17328 kg

Crash d'un B-26 à Han sur Lesse le 12 déc.1944

Le monument de Han sur Lesse
(Photo: Maxime Noël)
B-26G  -  N° 43-34404   322e BG - 449e BS    MACR 15303

Sources : Maxime Noël
                Cercle Historique et Culturel de Rochefort
                Joe Baugher (Air Force Serial Number Listing)


Le 12 décembre 1944, vers 11h30,  le B-26 43-34404 s’écrasait à environ 1,6 km à l’est de Han sur Lesse. Le MACR indique que l’avion s’est écrasé suite à une action ennemie.
Joe Baugher signale sur son site que ce B-26 se serait écrasé suite au givrage trop important.
Le MACR précise que suivant le témoignage des habitants de Han sur Lesse, il fut établi que le temps était très mauvais au moment du crash. La visibilité était réduite par la brume au sol, le plafond était pratiquement nul, il y avait du brouillard et de la pluie mêlée de grêle s’abattait sur la région.
Remarque : Il est exceptionnel qu’un MACR ait été rédigé puisque l’avion s’est écrasé en zone alliée.

Ce sont les militaires du 83e bataillon américain d’Ordonnance qui s’occupèrent de la récupération et de l’identification des six corps partiellement brûlés.
L’identification fut possible grâce à la découverte de deux plaques d’identité sur chaque corps.

L'équipage du B-26
1Lt George P. HARRIS, pilote
2Lt Roy G. GIBSON, co-pilote
2Lt Howard G. FOREMAN, bombardier/navigateur
T/Sgt Russell E. RICHARDSON
Sgt Clifton J. REED
Sgt Francis A. SORACCA

Les corps furent enterrés à Fosses le 13 décembre 1944 vers 14h00.
Plus tard, les corps du 1Lt George Harris et du 2Lt Roy Gibson furent transférés au cimetière américain de Henri-Chapelle. Les autres furent rapatriés aux Etats-Unis à la demande des familles.
Howard Foreman
 
Le monument érigé à la mémoire de l’équipage se situe à l’extrémité est de la Rue de la Fontaine Saint Martin.  Coordonnées : 50.07.43 N – 05.12.37 E
Un B-26 Marauder

samedi 1 novembre 2014

Crash d'un C-47 à Mellier-Marbehan le 23 déc.1944

Le C-47 43-15322 de Mellier - Marbehan.
(Photo: Jean-Pierre Goffin)

Sources : Jean-Pierre Goffin.
                 Dave Berry (Forum.armyairforces.com)

Le 23 décembre 1944, le C-47  N° 43-15322 revenait d’une mission de ravitaillement des troupes assiégées à Bastogne. Il avait été endommagé par la flak allemande et il dut effectuer un atterrissage d’urgence non loin de la chapelle du Chenel, le long de la route reliant Mellier à Marbehan.
Tous les membres de l’équipage du C-47 survécurent à l’incident. Comme la zone de Mellier-Marbehan était en zone alliée, ils purent facilement rejoindre leur base.

L’équipage du C-47 :
      - Charles SCHOENE, pilote
      - Ken CARTER, co-pilote
      - Anton TOFT, navigateur
      - Adam RUMPF, mécanicien
      - Jim ROBERTSON, opérateur radio

Adam Rumpf et Jim Robertson faisaient partie de l’équipage du 43-15322 lorsque celui-ci largua des hommes du 2e bataillon du 505e Régiment d’Infanterie Parachutiste lors du débarquement de Normandie.


Monsieur Jean-Jacques Bernard nous a aimablement transmis la photo ci-dessous.

Lors du mariage de ses parents en septembre 1946, toute la famille avait posé sur une aile du C-47. Certains vêtements de dames avaient été confectionnés avec de la toile de parachute.




Le lieu d’atterrissage du C-47
Remarque: Le monument situé près de la chapelle du Chenel est dédié à la mémoire de l’équipage du  Lancaster W4236 la RAF. Ce bombardier s’est en réalité écrasé près de la gare de Marbehan en août 1943.






lundi 6 octobre 2014

Les premiers drones américains en 1944

Le 12 août 1944, le Lt Joseph Kennedy, frère aîné de John qui fut président des Etats-Unis,  décolle à 17 h 52 à bord d'un BQ-8 (B-24 Liberator modifié) avec son co-pilote, le Lt Wilford Willy.
Joseph s’était porté volontaire pour cette mission expérimentale et très dangereuse. Le but était d'envoyer un bombardier télécommandé, un drone, s'écraser avec une importante charge explosive contre une installation fortifiée allemande située à Mimoyecques (Calais) destinée à abriter un canon spécial : le V3 dont nous parlons par ailleurs dans cet article.

Le Lt Joseph Kennedy

Le Lt Wilford WILLY
Le problème est que le décollage de ce BQ-8, qui est un fait un des premiers drones bombardiers, doit être effectué par un pilote et un copilote qui sautent ensuite en parachute au dessus de l'Angleterre. Vers 18 h 20, alors qu'ils se préparent à évacuer l'appareil comme prévu, le BQ-8 transformé en bombe volante (il transporte environ 11000 kg d’explosifs), explose au-dessus de Blythburgh (Angleterre) ne laissant aucune chance de survie au deux membres d’équipage.

Voici quelques explications sur les premiers drones américains et le canon allemand V3

L’origine des drones de bombardement américains
Les nazis pensaient que les sites de lancement des fusées V2 et des canons V3 situés dans le Pas de Calais pouvaient être à l’abri des bombardiers alliés en plaçant ces armes spéciales dans des abris fortifiés en béton et en acier renforcé.

Les avions de reconnaissance alliés avaient repéré ces constructions massives et le Quartier Général des forces aériennes avait ordonné de vastes campagnes  de bombardent de ces sites. Ces raids perturbaient beaucoup les constructions, mais les Etats Majors pensaient qu’ils ne pouvaient pas garantir la destruction efficace de ces souterrains fortifiés. De plus, ces sites étaient protégés par une défense antiaérienne très efficace. Au moment de la mort du Lt Kennedy, beaucoup d’avions alliés avaient été perdus lors de l’attaque des différents sites de lancement des armes V.

Au printemps 1944, le lieutenant-général James Doolittle, commandant de la 8e Air Force,
avait ordonné une étude conjointe de l’Air Force et de la Navy au sujet de l’utilisation de vieux bombardiers sans pilotes. Ces bombardiers transporteraient une grande quantité d’explosifs capables de détruire ces fortifications résistant aux bombes conventionnelles.

La collaboration de la Navy était essentielle à ce programme, car elle avait beaucoup plus d'expérience concernant les drones. En effet, au début de guerre, la Navy avait commencé la  formation des artilleurs antiaériens avec des avions cibles sans pilotes.

L’Air Force livra quelques vieux B-17 et la Navy prépara de vieux PBY4-1, la version Navy du B-24D. Une fois modifiés avec un équipement de drone, ces BQ-7 (B-17 drone) et BQ-8 (B-24 drone) devaient être pilotés à distance par un « avion mère », appelé CQ-17, et être dirigés sur une cible. L’opérateur situé dans le CQ-17 serait assisté par des caméras de télévision installées dans l’habitacle du drone fournissant une vue des instruments de bord et du sol. De plus, un générateur de fumée serait placé sous le fuselage afin de permettre à l’opérateur de le suivre des yeux.

Néanmoins, un équipage humain devait piloter manuellement l'avion jusqu’à une altitude minimale de 2000 pieds et un cap déterminé afin que, suite à une panne éventuelle du contrôle à distance, le drone ne puisse pas aller dévaster des installations militaires ou civiles en Angleterre.

Le général Doolittle approuva ce plan le 26 juin 1944, et assigna la 3e  Division de bombardement à la préparation et aux tests des premiers drones BQ-7. La phase finale de préparation fut attribuée au 562e Squadron de bombardement sur la base de la RAF à Honington dans le comté du Suffolk (Angleterre).

Le plan Doolittle reçut deux appellations : « Aphrodite » pour l’Air Force et « Anvil » pour la Navy. Ces opérations représentaient le mariage de l’expérience de la Navy et des progrès de RCA en télévision.

En vue de leur mission finale, les drones furent dépouillés de tout leur armement et aussi de toute autre masse non essentielle (blindage, supports de bombe, émetteur-récepteur, sièges, etc.), ce qui réduisit la masse du bombardier d'environ 12 000 livres (6 500 kg).
Les avions dépouillés furent ensuite équipés d'un système de téléguidage.

Ils furent chargés avec  8200 kg d’explosifs. (11000kg dans le cas du BQ-8 du Lt Kennedy) Ainsi en théorie, l'explosion résultante serait colossale et ce, dans un rayon d'au moins 6 miles (10 km).

Un BQ-7 (B-17 drone). On remarque l’absence de l’armement habituel : tourelles dorsale, ventrale et arrière ainsi que la mitrailleuse latérale. Le générateur de fumée est visible sous le fuselage près de la roue droite.
La verrière de certains BQ-7 fut enlevée afin de faciliter l’éjection des pilotes
Le premier des 14 raids « Aphrodite » eut lieu le 04 août 1944. Leur description dépasse le cadre de cet article, disons simplement qu’un seul drone tomba suffisamment près de la cible pour occasionner des dégâts.

Le premier et tragique raid « Anvil» fut celui du Lt Kennedy avec le site de Mimoyecques comme objectif.
Un deuxième raid, effectué le 3 septembre 1944, provoqua quelques dégâts aux installations ennemies de l’île de Heligoland, mais rata son objectif principal à cause de la mauvaise réception de télévision.
Les raids « Anvil » furent alors abandonnés.

L'échec des programmes «Aphrodite» et «Anvil» a été attribué à un manque de technologies disponibles et au fait que le réarrangement des masses des drones entraînait des comportements de vol différents de ceux des avions originaux.

Notons  que les bombardements traditionnels avaient empêché l’achèvement du site
V3 de Mimoyecques, surtout grâce à la bombe anglaise «Tallboy». L’une de ces bombes pénétra jusqu’à une profondeur de 28 mètres et causa des dégâts considérables. Les observateurs de bombardement, ne voyant que peu ou pas d’effet en surface, déclarèrent « effet nul » dans leur rapport. C’est ainsi que la mission du Lt Kennedy, en réalité devenue inutile, fut quand même mise sur pied.

La bombe Tallboy pesait cinq tonnes et était lancée depuis les bombardiers Avro Lancaster.
Elle fit la preuve de son efficacité contre les structures lourdes comme les blockhaus, là où toutes les bombes plus petites avaient échoué. Sa première utilisation au combat a lieu le 9 juin 1944 lors d'un raid contre un tunnel ferroviaire à Saumur en France qui fut bloqué pendant une très longue période.


Une bombe Tallboy

Les allemands utilisèrent aussi une version de drone appelée « Mistel »

Dans ce cas deux avions étaient solidarisés par des entretoises. A proximité de l’objectif, le « chasseur » larguait le bombardier et le guidait vers la cible.  Dans ce cas, le guidage n’était pas assisté par la télévision.
Tout comme les drones américains, les « Mistels » ne connurent que des succès marginaux.

Des militaires américains examinent un « Mistel » constitué d’un chasseur FW-190 et d’un bombardier Ju-88

Le canon V3

Comme le V1 et le V2, le canon V3 constituait une arme de représailles de la part du Troisième Reich à l'encontre de l'Angleterre. Le nom de code était « Hochdruckpumpe » (Pompe à haute pression).

En fait, il s'agissait d'un canon à chambres multiples. Le projectile était du type obus flèche. Le long du canon, étaient disposées trente-deux chambres auxiliaires qui donnaient un surcroît de poussée au projectile.

Au passage des chambres auxiliaires, les charges supplémentaires additionnelles étaient mises à feu, soit par auto-inflammation due à la température des gaz, soit par allumage électrique, pour produire une poussée supplémentaire amplifiant la vitesse de l'obus et ainsi de suite au passage de chaque paire de chambres pendant la progression de l'obus dans l'âme du canon, accroissant à chaque fois un peu plus sa vitesse, et ainsi de suite sur les trente-deux chambres de combustion.

Schéma montrant 8 chambres auxiliaires.
(Dans les versions expérimentales, les chambres étaient perpendiculaires au canon)
Vue d’une version expérimentale
Les Allemands avaient prévu une vitesse initiale de 1 500 m/s et une distance de tir utile de l'ordre de 160 km. L'obus faisait environ 140 kg pour une longueur de quelque 3 mètres.

Un exemple d’obus V3
Le premier site de lancement fut construit à la forteresse de Mimoyecques sur la commune de Landrethun-le-Nord en France à 8 km des côtes de la Manche et à 160 km de Londres, la première cible.

Cinq batteries de cinq canons faisant chacun près de 130 mètres de long devaient être construites sous terre. Dans un premier temps les Allemands creusèrent des galeries puis les tunnels de tir sur plusieurs étages. L'étage le plus haut était à 30 mètres sous la surface de la terre, le second à près de 100 mètres sous la surface. Une protection de 5 mètres d'épaisseur en béton armé devait protéger les bouches des canons.

Coupe schématique du site de Mimoyecques. Le canon monte en oblique vers la surface
Sources :
- Wikipedia
- Smithsonian National Air and Space Museum
- http://histaero.blogspot.be/2013/08/projet-aphrodite.html