lundi 22 octobre 2012

Crash d'un B17 à Bourcy le 12 septembre1944

Les débris du B-17 44-6305 dans une prairie de Bourcy
B-17  -  N° 44-6305   487e BG - 838e BS
MACR 10209

Nous tenons à remercier les personnes suivantes :
Mr Guy Maquet, de Bourcy, pour son témoignage sur le crash et les photos de l’avion.
Mr Georges Annet, de Wandebourcy,  pour son témoignage concernant la chute du pilote.
 Mr Ivo de Jong, auteur du livre « The history of the 487th BG (H) »,
 pour sa précieuse collaboration.
Mr Paul Webber, Sécrétaire de l’Association du 487e Bomb Group,
pour la biographie et les photos du pilote, le Lt Preston.
Les informations générales ont été puisées sur le site web du 487e Bomb Group: www.487thbg.org
Les rapports d’évasion des hommes ayant échappés aux allemands ont aussi été consultés.

Le 12-Sep-44, le B-17  N°44-6305 appartenant au 838e Bomb Squadron du 487e Bomb Group décolla de sa base de Lavenham, en Angleterre, pour aller bombarder une raffinerie à Magdebourg, en Allemagne.  

Un peu au sud de Brême, le moteur #4 tomba en panne et le bombardier se retrouva derrière sa formation. Les bombes furent larguées sur une ville allemande et le pilote signala par radio qu’il voulait rejoindre le point de rendez-vous. Ils arrivèrent trop tôt à l’endroit prévu, et la décision fut prise de retourner par la France. Près de Kassel, le pilote signala que le moteur #3 était aussi tombé en panne. En approchant de la frontière allemande, le moteur #2 se coupa aussi et le pilote donna l’ordre d’évacuation.
6 hommes purent échapper aux allemands en rejoignant les lignes américaines, 2 autres furent capturés.
Malheureusement le 2Lt Preston, le pilote, sauta probablement trop tard. Son parachute ne s’ouvrit pas et il se tua en arrivant au sol.
L’avion alla s’écraser dans une prairie au sud de Bourcy, non loin de la route vers Moinet.
Le 2Lt Walter H. PRESTON  
 Tombe du 2Lt Preston au Morning View Cemetery
à Bluff City dans le TENNESSEE










Biographie du Lt Preston, pilote du 44-6305.
Le 2Lt Walter Hollis Preston, N° 0765314, est né dans le Tennessee le 16 décembre 1922.
Sa ville natale était Bluff City, dans le comté de Sullivan, Tennessee.
Ses amis l’appelaient « Hollis ».
Il avait terminé 4 années d’école supérieure et était célibataire quand il s’enrôla dans l’Armée de l’Air à Knoxville, Tennessee, le 29 août 1942.
Après avoir terminé son entraînement dans l’Air Force, un équipage lui fut assigné.
L’équipage Preston acheva son entraînement au combat sur B-17. Il fut envoyé en Angleterre et fut assigné au 838e Squadron de bombardement du 487e Groupe de bombardement.
Leur base, appelée Station 137, était située à 2 miles au nord-ouest de Lavenham, dans le Suffolk en Angleterre. L’équipage arriva à la Station 137 le 28 juillet 1944, et fit partie de la 8e Air Force américaine en Europe.
Le 12 septembre 1944, lors de la mission sur Magdebourg, 3 moteurs tombèrent en panne et l’équipage du sauter en parachute à proximité des lignes américaines.
Le Lt Preston fut tué, il s’emmêla dans les sangles de son parachute et se brisa le dos en percutant le sol.
Après la guerre, son corps fut rapatrié aux Etats-Unis et réenterré au Morning View Cemetery, à Bluff City, Tennessee.
Monsieur Georges Annet raconte qu’il vit un aviateur sauter de l’avion peu avant que ce dernier ne s’écrase à Bourcy. Malheureusement le parachute ne s’est pas ouvert, et le corps sans vie a été retrouvé au sud de la « Ferme de Rouvroy ». Il s’agit vraisemblablement du corps du Lt Preston, le pilote.

Les deux hommes capturés et emmenés en captivité sont :

Le Sgt Roy C. MEYERS, opérateur radio.

Le 2Lt Ora SPAID, navigateur.

Dans un récit datant d’après la guerre, le Lt Spaid explique que l’évacuation de l’avion put se faire systématiquement et sans précipitation. Les hommes sautèrent un par un par la porte arrière. C’est ainsi que les hommes atterrirent relativement loin les uns des autres.

Le Sgt Meyers sauta le premier,  le Lt Spaid sauta le cinquième, ils furent tous deux capturés. Les 3 hommes ayant sauté en 2e , 3e, et 4e position purent échapper à l’ennemi. Cela montre bien que les troupes au sol étaient assez dispersées.

Tous ceux qui sautèrent après le Lt Spaid échappèrent également à l’ennemi.


Liste des hommes ayant échappés aux allemands et extraits de leurs rapports d’évasion.
Remarque importante :
Par le passé, nous avons remarqué que des erreurs pouvaient exister dans les rapports d’évasion ou d’accident, notamment  dans la localisation des lieux de crashes ou des coordonnées. Il faut donc prendre ces informations avec une grande prudence.

F/O Orville M SHULTZ, bombardier.
Il suppose que ceux qui ont sauté avant lui sont tombés en territoire ennemi.
Il signale que le pilote automatique était enclenché.
D’après lui, l’avion a été abattu près de Malmédy. 
Il dut se cacher dans un tas de bûches, car des allemands se trouvaient non loin de lui.
Il se mit ensuite en marche à la rencontre des américains.
C’est 18 heures après son atterrissage qu’il à rencontré des hommes du 635e Bataillon américain de destructeurs de chars.

Sgt Delmar J. GALLOWAY,  mitrailleur latéral.
Il signale que l’avion n’avait pas de dégâts, mais bien 3 moteurs en panne.
Lui aussi prétend que l’avion est tombé près de Malmédy 
Il donne Bullange comme point d’atterrissage en parachute.
Il s’est caché durant environ 4 heures avant d’aller à la rencontre de troupes américaines vues dans un village proche.
Il a été recueilli par 102e  Bataillon de Cavalerie.

2Lt William E. BENDT, co-pilote.
Il signale avoir sauté à 5 miles au NE de St Vith, près d’un village.
Il dit que l’avion est tombé à la frontière germano-luxembourgeoise.
Il a marché vers le SO durant 6 heures et rencontra un fermier près de Commanster.
Les américains n’étaient pas loin et, après l’arrivée de 3 destructeurs de chars, il fut conduit au poste de commandement de Commanster.
Il fut évacué vers Bruxelles, puis vers la France.
C’est par un MP qu’il apprit le décès de son pilote.

S/Sgt Robert H. EASLEY, mécanicien.
Le premier village rencontré est Heeresburg en Belgique.
(Il existe un village dénommé  Herresbach, au nord-est de St Vith. Est-ce le village dont Robert Easley veut parler ?)
A la question « Où est tombé l’avion ? » il répond : « A 25 miles au sud-ouest de St Vith ».  
Easley atterrit en parachute dans l’arbre d’une forêt et se coupe aux jambes.
Il entend des tirs à l’ouest.
Il marche vers l’ouest jusque 19h30, il avait atterri vers midi.
Il remarque beaucoup de troupes allemandes et il entend des chars.
Il dormit dans un champ jusque 6h30 et marcha dans les bois jusque 08h15.
Des troupes américaines passèrent et il resta avec eux une journée. C’était une unité de cavalerie blindée de reconnaissance.
Il fut conduit en  à un poste de commandement à l’échelon arrière, puis vers Sedan en France, puis vers Soissons et Paris.
Il précise d’autre part qu’il a contacté l’unité de cavalerie près de la frontière allemande, à la pointe nord de la province de Luxembourg.
20 heures se sont écoulées entre son atterrissage et sa rencontre avec les américains.

Sgt Dorsey E. WILSON, mitrailleur ventral.
Il signale que l’avion est tombé à la frontière belgo-allemande. Il n’a pas vu l’épave.
Il a atterri  à environ 200m d’un bois près d’Amelscheid.
Il vit deux allemands s’avancer vers lui. Il prit son parachute et s’enfuit dans les bois.
Les allemands firent feu, et il accéléra encore.
Il put se cacher dans un tas de bois et les allemands continuèrent leur poursuite, comme s’ils croyaient qu’il était toujours devant eux.
Il resta dans cette cachette durant 3 heures puis se s’enfonça plus profondément dans les bois.
Il se cacha ensuite dans un bois de jeunes sapins, camouflé en plus par des branchages.
Il resta deux jours dans cette cachette, car des allemands sont arrivés et avaient mis un canon de 88mm en batterie. Il ne put rien boire ni manger durant ces deux jours.
Il sortit de sa cachette lorsqu’il aperçut des américains, c’était une unité du 102e bataillon de cavalerie.

Sgt Laurie S. HORNER, mitrailleur arrière.
Il signale qu’il a atterri dans des arbres à 16km derrière les lignes allemandes.
D’après lui, l’avion est tombé en Belgique, sans autre précision.
Il s’est caché jusqu’à la tombée de la nuit.
C’est après 5 jours qu’il fut récupéré par une unité du 102e bataillon de cavalerie.
Il a survécu durant cette période grâce à son kit d’évasion.


Monsieur Guy Maquet raconte que l’avion volait tellement bas qu’il rasait le toit des maisons. Il sectionna un poteau électrique avant de s’écraser un peu plus loin dans une prairie. 
Vue générale de la région de l’accident.
Débris du B17