jeudi 2 novembre 2017

Crash d'un P47 à Valender le 17 déc. 1944

P-47D-27RE    N° 42-27323   405e FG - 510e FS
MACR 10989


Source: MACR 10989
Le 17 décembre 1944,  le 1Lt Edward T. MOSSMAN décollait de la base de St Dizier, en France,  pour une mission de support au sol dans la région de St Vith. Il ne reviendra malheureusement jamais de cette mission.

Voici le témoignage du 2Lt Robert A. Griffiths:
Lors de la mission du 17 décembre 1944, je volais en position Red 4 et le Lt Mossman en position Red 3. Nous tournions autour de la ville de St Vith en attendant les instructions du contrôle au sol qui devait nous donner le cap vers l’objectif. Il nous donna finalement le cap 135°. Lorsque nous fûmes au dessus de la ligne de front, nous reçûmes six tirs de flak dont l’un toucha l’aile de l’avion du Lt Mossman, juste sur l’attache de la bombe qui se décrocha. Cela fit en sorte que le Lt Mossman tourna sur le dos, mais il s’en sortit bien et descendit au ras du sol et vira de 90° directement vers l’Allemagne. Je le suivis durant environ 20 miles en territoire ennemi, mais je ne pus le rejoindre malgré l’utilisation de l’injection. J’essayai plusieurs fois de le contacter par radio pour lui dire qu’il se dirigeait vers l’est, mais sa radio était apparemment en panne et je ne reçus pas de réponse. Finalement, j’entrai dans une zone de tirs intenses de la flak, et je fis demi-tour. Je retournai seul à la base. Lorsque je quittai le Lt Mossman, il se dirigeait toujours vers l’Allemagne.

C’est cependant en Belgique, près de Valender au lieu dit Eichenhardt, que le P-47 du
Lt Mossman vint s’écraser. Cette information, parue sur divers sites internet, est confirmée par Monsieur Paul Kaijser, de Herresbach, qui fit de nombreuses recherches concernant les avions tombés dans la région.

Suivant le site officiel de l’American Battle Monuments Commission, le corps du Lt Mossman n’a jamais pu être récupéré, son nom figure au tableau des disparus au cimetière américain de Saint-Avold, en Lorraine.

Valender se situe au nord-est de St Vith.

lundi 23 octobre 2017

Crash d'un P47 à Achouffe-Mont le 27 déc.1944


Le P-47 44-19733 lors d’un entretien
P-47D-28RE     N° 44-19733   406e FG - 514e FS
MACR 11448

Source: MACR 11448
Le 27 décembre 1944, le 1Lt George W. MACE décollait de la base de Mourmelon, en France,  pour une mission de support au sol dans la région de Bastogne. Il ne revint pas de cette mission.

Voici le témoignage du 2Lt Harry C. Porter :

Je volais comme ailier du Lt Mace qui dirigeait le Yellow Flight. J’avais largué ma bombe et je retournai bombarder avec le Lt Mace. Soudain, je remarquai de la fumée venant de l’avion du Lt Mace. Il semblait que son moteur avait été touché par la flak. Le Lt Mace grimpa jusqu’à 1500 pieds et me dit qu’il allait sauter de l’avion. Je cerclai longtemps assez pour voir son parachute s’ouvrir et descendre vers le sol. Je ne le vis pas atterrir car la flak devenait plus dense et plus précise et je dus prendre des actions évasives.
Le Lt Mace sauta à environ 8 ou 10 miles au nord ouest de Houffalize, Belgique
 (P-586737), à 9h35, le 27 décembre 1944.

Le Lt Mace fut fait prisonnier, mais il fut blessé lors de cet incident et il décéda de ses blessures le 07 janvier 1945. Il est inhumé au cimetière américain de St Avold en France.

Les coordonnées P-586737 du MACR correspondent aux coordonnées : 50°08’47’’ N - 5°45’26’’ E.


vendredi 21 avril 2017

Crash d'un B24 à Nancy le 31 juillet 1944


Le B-24 "Hula Wahine II"
Illustration : flugzeugabsürtze-saarland.de
B-24  N°42-52467 "Hula Wahine II"  446e  BG-704e BS
MACR 7826
Ce B-24 ne s’est pas écrasé en Ardenne ni même en Belgique, mais son histoire a attiré notre attention car une de ses photos a été trouvée à Villers-la-Bonne-Eau.
Le 31 juillet 1944, le B-24 piloté par Emil Berry fut atteint par la flak en bombardant Ludwigshafen. Le Lt Berry tenta d’atteindre la France avec son avion endommagé, mais il dut donner l’ordre d’évacuation avant d’avoir atteint ce pays.
EQUIPAGE du 42-52467

Pilote

Lt
Emil BERRY
Tué
Co-pilote
Lt
John B. GOOD

Tué

Navigateur
Lt
Gilbert H. RUBENSTEIN
PG
Bombardier
S/Sgt
Jack W. WOODS
PG
Mécanicien
T/Sgt
Jack W. SANDERS
PG
Radio
T/Sgt
Tom MONSULICK
PG
Mitrailleur latéral
S/Sgt
Virgil R. HUDDLESTON
PG
Mitrailleur latéral
S/Sgt
John C. CARSWELL
PG
Mitrailleur ventral
S/Sgt
Stanley J. KUDLO
PG
Mitrailleur arrière
S/Sgt
Lewis E. PULSIPHER
Tué

La photo trouvée à Villers-la-Bonne-Eau est en partie déchirée, mais les visages sont nettement visibles.















ATTENTION: L’équipage figurant sur la photo n’est peut-être pas celui qui participa à la mission fatale. Les précisions demandées au 446e Bomb Group tardent à nous parvenir.

La photo entière est parue sur le site b24bestweb.com
Elle est malheureusement floue et on ne voit pas clairement les deux aviateurs manquants sur la photo déchirée
LA DERNIERE MISSION DU « HULA WAHINE II »

Les informations relatant cette histoire ont été extraites de l’article suivant :

« Du bist als nächster an der Reihe »  Erschiessung von Fliegern im Raum Saarbrücken
par Klaus Zimmer

Article paru sur le site  http://www.flugzeugabstuerze-saarland.de

Le 31 juillet 1944 est une journée d'été fraîche et le ciel est couvert. La température est seulement de 15° C.
Une fois de plus, les énormes bombardiers américains sont en route vers leurs destinations en Allemagne. Près de 1200 bombardiers lourds (12000 hommes d’équipage) sont en vol et 550 chasseurs les accompagnent.

La première formation survole notre territoire vers midi en direction de Munich. Suivent alors d’autres bombardiers, environ 500 Liberators B-24.
A 12h41, ils se trouvent au dessus de Idar-Oberstein, à 12h47 près de Kaiserslautern, à 12h50 près de Grünstatd. Maintenant leur objectif est clair: Ludwigshafen.
Lorsqu’ils survolaient toujours Kaiserslautern, toutes les précautions sont prises pour protéger Ludwigshafen. La Flak, intense et précise comme le spécifie les rapports américains, est prête à tirer sur les avions venant de l’ouest et sud ouest.

Cependant, toutes ces mesures ne peuvent pas empêcher les avions de larguer leurs bombes.
Les bombardiers passeront en 3 vagues entre 12h54 et 13h18, larguant environ 12000 bombes. Il s’agit de la plus importante attaque sur Ludwigshafen.
La gare et l’usine I.G.Farben furent particulièrement touchées.

Le « Hula Wahiné II » portant le N° 42-52467 et piloté par le Lt Berry faisait partie de la formation. Le Lt Berry et ses hommes étaient en service depuis à peine 3 semaines, mais ils en étaient déjà à leur 8e mission.

Une exception est Jack W. Woods, le bombardier. Il a été le premier membre de cet équipage, il effectuait sa 30e mission à la fin de laquelle il pouvait retourner aux Etats Unis.
Mais le sort en décida autrement, le « Hula Wahine II » ne revint pas à la base en Angleterre.  « Personne ne peut fournir des informations sur la disparition de cet appareil » indique succinctement le rapport américain.

Mais aujourd'hui nous savons ce qui est arrivé.

Ce 31 juillet 1944, le navigateur habituel de l’équipage du Lt Berry était en formation
de sorte que Gilbert M. Rubenstein, le bombardier, qui avait en plus des compétences en navigation, se porta volontaire pour le remplacer.
Auparavant, Rubenstein avait déjà assuré le Lt Berry qu’il était prêt à assurer la fonction de navigateur en cas de nécessité. Le moment était venu de faire ses preuves.

Comme prévu,  le « Hula Wahiné II » décolla le matin à 09h25 de la base Bungay, et rejoignit la formation à 11h15 au dessus de sur Great Yarmouth. La formation se dirigea alors à 11h44 vers la côte française à une altitude de 7600 m. Direction: Ludwigshafen.

- Mais les problèmes commencèrent bientôt, ainsi que le raconte Jack Woods :
 « Lorsque la cible approcha, le système de largage des bombes fut activé, mais les bombes ne tombèrent pas. Le Lt Berry ordonna alors à notre navigateur Rubenstein de les débloquer avec la poignée appropriée.
Pendant ce temps, nous volions tout droit et nous ne suivions plus les autres avions. Juste au moment où les bombes tombèrent finalement, nous fûmes touchés par la flak ce qui mit les moteurs 3 et 4 hors service. Notre pilote dut utiliser toute son expérience de pilotage pour maintenir le B-24 en vol. Nous jetâmes tout ce qui était superflu par dessus bord afin d’alléger l’avion: munitions, mitrailleuses, vestes anti flak, équipements de vol. »

Après avoir quitté la formation, le B-24 continua de perdre de l’altitude malgré toutes les mesures prises. Le Liberator, qui volait maintenant seul, se dirigeait comme prévu initialement vers le nord ouest en direction de la Belgique et de l’Angleterre.

A de multiples reprises, le Lt Berry essaya désespérément d’obtenir le plus rapidement possible de Rubenstein un cap pour se diriger vers une zone de France occupée par les alliés.

Mais Rubenstein était submergé par cela. Un temps précieux passa. Lorsque, après 10 minutes, ils se trouvaient approximativement au dessus de Meisenheim am Glan,  ils entamèrent un virage en direction du sud ouest sur la ligne Idar-Oberstein, St Wendel, Illingen et Saarbrücken en direction de la France. Mais il était déjà trop tard. Quand ils furent descendus à 3500 m d’altitude, il ne resta plus au Lt Berry qu’à donner l’ordre d’évacuation.

- Le mitrailleur latéral Huddleston raconte:
« Le co-pilote Good se déplaça alors afin de quitter son siège. Mais Berry lui dit : Reste ici, j’ai besoin de toi pour garder l’avion en ligne droite. Berry a ensuite repris les commandes pour empêcher l'avion de partir en vrille. Je partis à l’arrière et j’ouvris la trappe d’évacuation située dans le fond près de la queue. Le mitrailleur arrière, Pulpisher, quitta son poste. Le mitrailleur ventral, Kudlo, se signa plusieurs fois. Je vis alors le bombardier Jack Woods quitter l’avion. Je détachai alors rapidement la prise électrique de ma combinaison chauffante et je sautai aussi, les pieds en avant. »

Huddleston atterrit finalement dans le « Eicheneck » près de Göttschied  un quartier de la ville de Idar-Oberstein. Durant les dernières années, il a plusieurs fois visité Idar-Oberstein et parlé avec des témoins oculaires.

Woods a aussi atterri près de Idar-Oberstein et il fut conduit le lendemain au centre d’interrogatoire de Oberursel (près de Francfort) en même temps que Huddleston.

Kudlo fut capturé près de Hüttigweiler .

Il n’y a pas de détails concernant le cas de l’opérateur radio Monsulick. Après avoir atterri dans une zone boisée, il entendit trois coups de fusils, puis encore deux.
Il put encore se cacher 3 jours avant d’être capturé, mais nous ne savons pas où.

Lors de leur entrée dans la gare de Francfort, Huddleston et Woods rencontrèrent par hasard leur navigateur Rubenstein accompagné de gardes. Rubenstein paraissait excité et anxieux et leur cria : « N’oubliez pas que vous m’avez vu encore vivant ». Il avait peur à cause se son ascendance juive. Par la suite, cette inquiétude se révéla non fondée.

A Oberursel, l’officier qui les interrogeait leur dit que  Berry, Good et Pulsipher avaient été tués par des civils et que leur avion était tombé à Aachen.

Les informations reçues n’étaient que partiellement vraies. Nous sommes maintenant en mesure de mieux détailler ce qui est arrivé à  Berry, Good et Pulsipher.

Le mitrailleur arrière, Lewis E. Pulsipher atterrit près de Neunkirchen et fut capturé par la Police de cette ville. Le pilote Emil Berry et le co-pilote John B. Good restèrent encore quelques minutes à bord du B-24 et évacuèrent l’appareil seulement près de Saarbrücken.

Le Lt Berry était légèrement blessé. Il fut arrêté par la Police et conduit au poste de police de Burbach, tandis que Good se retrouva finalement au poste de Police de Malstatt.

Dans l’après midi du même jour, l’ordre fut donné d’exécuter Berry et Good sous prétexte de tentative d’évasion.


Le même sort attendait Lewis Pulsipher, il fut exécuté dans les bois de Bilstock sous le même prétexte.
Deux mois à peine avant sa mort tragique il apprit qu’il était le père de deux jumeaux dont il ne reçut jamais les photos envoyées par sa femme.

Le B-24, le « Hula Wahine II », arriva jusque Rémeréville où il s’écrasa et fut complètement détruit. Ce bombardier a donc encore volé seul durant près de 70 km.


Deux noms manquent dans ce récit : 
 Jack W. Sanders
 John C. Carswell
Nous savons qu’ils furent aussi faits prisonniers et qu’ils survécurent à la guerre, mais aucun détail supplémentaire n’est donné concernant leur sort à la date du 31 juillet 1944.


INFORMATIONS SUPPLEMENTAIRES

Interview du S/Sgt Rudy Huddleston. 
News Times, El Dorado, Arkansas, Volume 106, Number 32 - By Shea Wilson
(Article paru sur le site du Walker Aviation Museum – Roswell)

Quand le bombardier de Rudy Huddleston’s fut abattu en Allemagne en 1944, il était convaincu qu’il pourrait s’échapper et rejoindre rapidement le territoire allié. Il n’avait jamais pensé qu’il serait capturé et qu’il deviendrait un prisonnier de guerre. Il n’aurait certainement jamais imaginé ce qui était arrivé à quelques uns de ses coéquipiers.

50 ans plus tard, après avoir découvert que 3 hommes de son bombardier avaient été exécutés après leur capture, Huddleston fut heureux d’être encore en vie.

Comme étudiant à l’Ecole Supérieure de El Dorado, Virgil Rudolph « Rudy » Huddleston devint un membre de le la « Civil Air Patrol », ce qui l’amena à rejoindre l’armée et devint mitrailleur sur un bombardier.

Ayant terminé son entraînement, l’équipage de Huddleston arriva dans sa base anglaise dans le Suffolk, à 113 miles au nord est de Londres. L’équipage fut assigné au 704e Bomb Squadron du 446e Bomb Group.

Le Bomb Group de Huddleston effectua des missions au dessus de la France et de l’Allemagne, y compris des missions de support aux troupes américaines à Saint-Lô en Normandie.

Le 31 juillet, l’ordre fut donné d’aller bombarder l’usine chimique I.G. Farben à Ludwigshafen. Durant cette mission, l’avion de Huddleston piloté par le Lt Emil Berry fut touché par la flak dans deux de ses moteurs.

« Nous fûmes abattus » raconta Huddleston dans un interview téléphonique depuis son domicile de Dallas. Il y eu beaucoup d’avions tellement endommagés qu’ils ne réussirent pas à rentrer à la base.

« Après avoir eu deux moteurs hors service, nous commençâmes à perdre de l’altitude.
A ce moment, Berry dit aux hommes de faire tout ce qui était possible pour alléger l’avion. » Huddleston dit qu’ils eurent l’ordre d’évacuer l’avion à une altitude de 10000 pieds. Il sauta et traversa des nuages avant d’ouvrir son parachute et d’atterrir dans un grand sapin. Il se dégagea et dispersa son équipement sur une grande surface.
Il avait atterri près de Idar-Oberstein.

« Je fis exactement ce qu’il m’avait été enseigné dans les cours d’évasion quand on est incapable de cacher son parachute, car je savais que cela aurait été comme un drapeau rouge  pour ceux qui me chercheraient. Je partis dans une direction et dispersai mes bottes de vol, ma jaquette et mon écharpe à une distance de 100 pieds environ. Je retournai alors près de l’arbre, tournai autour plusieurs fois, puis je partis dans une autre direction en cherchant un endroit pour me cacher jusqu’à la nuit ».

Huddleston repéra une sapinière assez dense, il se coucha et se couvrit d’aiguilles.
Il raconta  qu'il avait observé un garçon et un homme fouillant la région et qui hurlaient "hauts les mains" de temps en temps. Mais, après plusieurs heures, il a commencé à se sentir confiant et pensait qu’il allait arriver en France.

« Suffisamment de temps s’était écoulé et je me sentis confiant et capable de commencer à me déplacer quand il ferait sombre, de me cacher pendant la journée, et de me diriger vers la France la nuit ».
Mais juste quand il se mit en route, il fut approché par un petit chien.

« Il n’a pas grogné, il m’a juste regardé. J'ai reconnu la forme du chien comme un teckel, mais je n'en n’avais  jamais vu avec de si longs poils et des marques noires et brunes .
Environ une minute plus tard, un homme plus âgé en uniforme a progressé à travers les branches jusqu'à ce qu'il soit à deux pieds du chien. Je ne bougeais toujours pas, en espérant qu'il ne me voyait pas. »

Mais l'homme l'avait vu.
Cet homme, qui s’avéra être un forestier, l’arrêta et il fut transféré chez SS  qui le menacèrent et l’interrogèrent avant d’être emmené dans un camp de prisonniers. Il y resta jusqu’à ce qu’il s’évada le 25 avril 1945 avec un coéquipier. Ils marchèrent de nuit, se cachèrent le jour et ils atteignirent les troupes américaines de 02 mai 1945.

Les équipes de recherche ont capturé Rudy Huddleston (à gauche). Certains le menacent, mais le forestier se place devant l’aviateur pour le protéger et le livre à l’Officier de Police
Après sa capture, on raconta à Huddleston que le pilote, le co pilote et le mitrailleur arrière de son équipage avaient été tués par des civils à Saarbrücken et que l’avion s’était écrasé dans la ville.

Mais après avoir recherché pendant des années à rassembler les différents informations et après plusieurs voyages en Allemagne, Huddleston découvrit finalement ce qu’il s’était réellement passé durant l’été 1944. Un fonctionnaire allemand qui avait été le témoin des tortures et de l’exécution de plusieurs aviateurs américain avait signalé les faits.
En 1992, ces informations furent déclassifiées et Huddleston apprit que 3 hommes de son Squadron, le Lt Berry, le Lt. John B. Good and le S/Sgt Lewis E. Pulsipher, avaient été exécutés.

Après la guerre, trois allemands responsables des tueries furent jugés par la Cour Militaire de l’Office des Crimes de Guerre et déclarés coupables. Les trois SS furent exécutés en octobre 1948.

Huddleston raconta qu’il réalisait à présent qu’il avait eut la grande chance de pouvoir quitter l’Allemagne vivant. Il avait 19 ans au moment de sa capture et, à cette époque, il n’avait jamais pensé qu’il pouvait être fait prisonnier.

« Je pensais que j’allais m’échapper, j’avais eu des cours, j’avais mon kit d’évasion et je pensais que j’allais réussir. Quand ils nous disaient ce qu’il fallait faire, ils ne nous dire pas qu’un seul sur 500 réussissait. Je pensais que j’étais probablement le seul a être capturé, mais quand j’arrivai au camp de prisonniers, il y en avait plus de 10000. 

John E. MONSULICK
(Article paru sur le site: http://www.combatvets.net)

John E. Monsulick est né le 25 July 1918 à St. Clair, PA.
Il fut engagé à l’armée le 30 mars 1942. Il reçut une formation d’opérateur radio/mitrailleur à San Antonio, Texas, et fut assigné au 446e  BG stationné en Angleterre.
Lors d’un bombardement de Ludwigshaven, en Allemagne, le 31 juillet1944, son B-24 fut sérieusement endommagé par les tirs anti aériens et l’ordre fut donné d’évacuer l’avion. Le pilote et le co-pilote étaient tous les deux aux commandes quand ils ont été vus pour la dernière fois, quand le T/Sgt. Monsulick sauta.
Lorsqu’il atteint le sol, il entendit des cris et des coups de fusil, puis plus rien.
Il échappa à la capture durant 3 jours, mais fut finalement arrêté par la police civile locale.
Il fut détenu au Stalag Luft IV. C’est là qu’il apprit le sort de plusieurs de ses coéquipiers, exécutés par les SS. Entre janvier et février 1945 il fut impliqué dans une marche forcée qui reçut plus tard le nom de « marche noire ».
Après avoir souffert du froid, de la faim et parfois de traitements cruels, il fut finalement libéré en mai 1945.

Son B-24 fut localisé près de Rémeréville, en France, quelques années après la guerre. 

mardi 18 avril 2017

Crash d'un P-47 à Bertrix le 30 déc.1943

P-47D  -  N° 42-74636  353e FG - 352e FS

MACR 1866

Le 30 décembre 1943, le 352e Fighter Squadron du 353e Fighter Group décollait de sa base de Metfied (Angleterre) pour une mission d’escorte de bombardiers. Au retour de cette mission, le Lt Russell E. Moriarty fut porté manquant.

Témoignage du 1Lt William Streit :
Je volais en position Wakeford Red 3. Le Lt Moriarty volait en position Wakeford Red 4, près de moi. Nous escortions le premier groupe de bombardiers quand un appel vint du deuxième groupe signalant qu’il avait des ennuis. Le Flight Wakeford White vira de 180° puis je tournai vers la gauche avec le Lt Moriarty, nous étions les deux derniers avions. 

Quatre FW190 allemands arrivèrent dans notre dos en venant du soleil. J’appelai le Lt Moriarty afin qu’il dégage avec moi. Nous dégageâmes dans le groupe d’avions et nous commençâmes un combat aérien. Après deux tours de 360°, je fus en position de tirer sur un chasseur ennemi. A ce moment ils montèrent brusquement  puis tournèrent et redescendirent.
J’appelai alors le Lt Moriarty et il répondit. Je lui donnai ma position et je lui demandai la sienne, mais je n’eus jamais de réponse. Mon opinion était qu’il avait plongé après les chasseurs ennemis. C’est au moment où nous avons dégagé que je vis le Lt Moriarty pour la dernière fois.

Les quatre FW190 volaient en formation et je les quittai définitivement.

Ceci se passa dans la région de Charleville, France, à une altitude de 24000 pieds, entre 11h10 et 11h20.

Témoignage du Capt Thomas J. Forkin:
Je volais en position de Wakeford Red Leader. Moriarty était le N° 4 dans le flight. Nous venions juste de terminer de chasser six avions ennemis 15000 pieds plus bas et nous remontions vers notre position d’escorte rapprochée du groupe de tête des bombardiers. A la radion il y eut un appel  à l’aide du Squadron escortant le deuxième groupe. Je virai vers le soleil pour aller aider. C’est au début de ce virage que je vis le Lt Moriarty pour la dernière fois. Je n’étais pas au courant que des avions ennemis venaient du soleil, mais je découvris plus tard que mon second élément avait été attaqué dans ce virage. Il n’y avait pas mal de conversations à la radio et je ne reçus pas l’appel de Red 3 signalant qu’il était attaqué. Ce n’est que 5 minutes plus tard que je pus le contacter et je lui dis de rejoindre le groupe le plus proche de lui en pensant que le Lt Moriarty était avec lui.
Je ne vis pas l’action dans laquelle ils furent impliqués.

Dans le MACR figure un document de la Military Intelligence Division W.D.G.S.
(Divion Militaire du Renseignement, Département Guerre, Etat Major Général.)

La qualité de ce document est mauvaise, mais on peut cependant en retirer les informations suivantes :
Les informations, en date de janvier 1944, viennent d’une source Luxembourgeoise.
Le 2Lt Russell Moriarty, pilotant un P-47 Thunderbold, fut abattu le 30 décembre 1943 à Bertrix, dans la province belge de Luxembourg. Il souffrait de graves brûlures et fut soigné par la population locale. Il fut capturé par les allemands et fut détenu au camp Stalag Luft 1, près de Barth, en Allemagne.