mercredi 3 avril 2013

Silver Star

Durant la guerre, de nombreux membres du personnel navigant furent décorés de la « Silver Star » pour acte de bravoure.

 Voici le récit d’un de ces actes qui débuta dans le ciel Ardennais.

Sources :
E&E Reports #2471,#2472 et #2473
http://www.457thbombgroup.org/

Le 10 septembre 1944, le B-17 44-8032 appartenant au 759e BS du 457e BG décolla de sa base de Glatton pour aller bombarder une usine de moteurs Daimler-Benz à Gaggenau, en Allemagne.
La formation effectua un bombardement à vue, à une altitude de 25000 pieds, les résultats furent bons. Après avoir largué leurs bombes, les bombardiers reprirent le chemin de leur base par l’itinéraire prévu.
Mais au dessus de l’objectif, le B-17 44-8032 piloté par le Lt Paul Gilbert avait été touché par la flak. Le moteur n°4 prit feu, et les systèmes hydrauliques et de distribution d’oxygène furent mis hors service ainsi que l’intercom. 
Le T/Sgt Foltz, mécanicien de bord, se rendit à l’arrière du bombardier pour prendre des nouvelles de l’équipage et vérifier si l’appareil avait subi d’autres dégâts.
Entretemps, l’avion avait continué son vol. Le pilote, le Lt Gilbert actionna le signal d’évacuation, brancha le pilote automatique et sauta avec 3 autres équipiers se trouvant à l’avant de l’appareil :
- le Lt Richard Palmer, co-pilote
- le Lt Andrew Brown, navigateur
- le Lt Anthony Wodek, bombardier

Les rapports d’évasion de Gilbert, Palmer et Brown nous apprennent qu’ils atterrirent dans la région nord d’Arlon, très près le la zone des combats. Ils furent aidés par des civils et ils purent rapidement gagner les lignes américaines toutes proches. Ces rapports indiquent que le Lt Wodek atterrit lui aussi dans la même zone, mais nous ne disposons d’aucune autre information, aucun rapport d’évasion n’a été enregistré à son nom.

Nous fûmes très surpris en lisant le commentaire suivant, écrit par le Lt Gilbert:
« le reste de l’équipage continua le vol durant un certain temps et sauta dans nos lignes »
Que s’était-il donc passé ?
Le pilote ne s’était pas rendu compte que l’intercom était en panne et que le signal d’évacuation n’était donc pas parvenu aux hommes situés plus à l’arrière.
Quand le T/Sgt Foltz revint dans le cockpit, il le trouva vide !
Il avait souvent eu l’occasion de voir le pilote manoeuvrer l’avion, et il en savait assez pour maintenir le B-17 en vol. Il prit les commandes et mit le cap vers l’ouest, vers les territoires libérés. Il semble que le vol dura encore environ 1h30. Quand Foltz fut certain qu’ils étaient au-dessus de la France, déjà libérée, il donna l’ordre d’évacuation. Ce ne fut que quand les autres équipiers eurent sauté que Foltz sauta à son tour. Ils atterrirent tous en sécurité et rejoignirent leur base de Glatton.
Le B-17 alla s’écraser dans un champ que les rapports d’évasion situent dans la région d’Amiens.

Pour son ingéniosité, sa détermination et la possession de soi dans des conditions extrêmes, le Sgt. David C. Foltz  reçut la « Silver Star ».
Il reçut en outre la « Purple Heart » pour blessures reçues au cours de cette mission.

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